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L’invité est un habitué des faits : Jean-Baptiste Elias du Fonac. Ses explications n’ont pas convaincu

La télévision nationale (Ortb) a diffusé une émission hier soir sur les usines de transformation des produits agricoles et les machines agricoles. L’invité est un habitué des faits : Jean-Baptiste Elias du Fonac. Ses explications n’ont pas convaincu. Lui-même a reconnu qu’il ne maitrise pas encore tous les contours du dossier. Il a avoué que ses investigations se poursuivent. Comment une institution comme le Fonac peut-elle se permettre d’aborder un sujet aussi sensible sans boucler ses prétendues enquêtes avant de venir en parler sur la place publique ? Comment une organisation comme le Fonac peut-elle participer à un tel débat sans interroger toutes les parties ? Quelle crédibilité pour Jean-Baptiste Elias et le Fonac ? Dans le dossier des véhicules d’occasion, Jean-Baptiste Elias et le Fonac ont adopté la même posture. Invité sur Canal3 Bénin, Jean-Baptiste Elias avait affirmé qu’il n’a pas encore pris connaissance du contrat qui lie l’Etat au Segub.
Dans le dossier des machines agricoles, la démarche élémentaire n’a pas été suivie. Et c’est triste pour notre pays. Les informations distillées par le journal La Croix sur le sujet ne sont pas suffisantes pour tirer des conclusions hâtives. Et du moment où le Fonac n’a pas encore bouclé ses propres enquêtes, il ne revient pas à son président de venir dire des contrevérités à la télévision dans l’optique certainement d’empoisonner les Béninois. Pourquoi cette précipitation ? Pourquoi ne pas attendre les résultats des enquêtes ?
Jean-Baptiste Elias et le Fonac ont oublié de dire que dans ce dossier de machine agricole, le nom du «vice-président du Bénin», Olivier Boko, est cité, à tort ou à raison. Jean-Baptiste Elias peut aller relire les révélations de Janvier Yahouédéou sur le dossier PPMA.
Sur le plateau de l’Ortb hier, Jean-Baptiste Elias a été très partial, comme à son habitude, depuis le 06 avril 2016, discréditant ainsi le Fonac. L’Ortb est une chaine de service public qui ne doit pas être utilisée, téléguidée, à des fins de propagande.
Le dossier des machines agricoles et des usines de transformation des produits agricoles a besoin d’être clarifié. Toutefois, il faut éviter d’en faire un instrument de chantage dans le dessein de camoufler ses propres erreurs de gouvernance. Tout se passe comme si chaque fois que le gouvernement prend une décision désavouée ou quand des milliards sont pris au trésor public pour des destinations bien connues, il fabrique des intoxications et envoie ses «fous du roi» dans les médias pour tenter de détourner l’attention des Béninois.
Ce n’est pas sur des dossiers du genre que le Fonac est attendu. Le peuple attend le Fonac sur des sujets essentiels qui menacent même l’existence du pays. Depuis que le gouvernement a décidé d’interdire les activités des organisations étudiantes, Jean-Baptiste Elias et son Fonac ont-ils voyagé ? Depuis que l’Anlc a dit que le chef de l’Etat et certains de ses ministres n’ont pas déclaré leurs biens à la Cour suprême, quelle a été la réaction du Jean-Baptiste Elias et du Fonac ? Lorsque la marche pacifique des étudiants à la Bourse du travail a été réprimée dans le sang sur ordre du préfet Modeste Toboula, qu’ont-ils fait ? Lorsque des journaux ont publié les arrêtés du ministre des finances autorisant le décaissement des milliards de F Cfa à Patrice Talon et à Olivier Boko sous de fallacieux prétexte (coton), quelle démarche ont-ils mené dans le cadre de la veille citoyenne ? Lorsque des repris de justice sont nommés à des postes de responsabilité au sein de l’appareil d’Etat, en violation des textes, n’ont-ils plus retrouvé le chemin des plateaux de télévision ? Depuis que des recrutements clandestins sont annoncés à la CNSS, pourquoi n’ont-ils pas réagi ? Depuis que des Béninois réclament l’audit du Pvi, de la centrale de Maria-Gléta, de la Sodéco et consorts, pourquoi le Fonac ne les a pas appuyés ? Voilà autant de questions qui méritent d’être posées au regard des agissements de Jean-Baptiste Elias et du Fonac.
Il n’y a pas plus de doute aujourd’hui. La société civile béninoise est devenue partisane. Encouragé par les agissements du Fonac et consorts, Patrice Talon poursuit sur sa lancée. Il construit, pas à pas, une dictature, à tous les niveaux, dans tous les secteurs. Et c’est dommage pour notre démocratie.
De toutes les façons, sur ce dossier de machine agricole, piloté par le génie militaire du colonel Bonaventure Vigan et l’opérateur indien Angélique, représenté au Bénin par Armel Koty, un débat contradictoire s’impose pour mettre à nu les mensonges du Fonac. Ils sont mieux placés que quiconque pour parler de ce dossier. L’Ortb et le journal La Croix du Bénin doivent alors accepter leur droit de réponse pour rétablir la vérité, dans les meilleurs délais.

Les armes du pouvoir : intoxication et terreur

Intoxication, désinformation et manipulation. C’est la caractéristique du régime en place : faire diversion pour détourner l’attention des populations. Chaque fois et toutes les fois que le gouvernement et son chef sont coincés ont le dos au mur, ils mettent en branle leur machine de diversion. Ils ne lésinent sur aucun moyen pour distraire le peuple.
Face à la violation des droits de l’homme, de la Constitution, de la restriction des libertés d’expression et d’association, au pillage du trésor public, au régionalisme, au clientélisme, aux règlements de comptes politiques, aux audits ciblés, à la privatisation du Bénin, à la reconstruction de l’empire industriel et financier du chef de l’Etat et de son entourage…, le pouvoir qui gouverne les Béninois depuis le 06 avril 2016 verse dans le dilatoire.
Certains acteurs de la société dite civile, sensés assuré la veille citoyenne, sont instrumentalisés, manipulés. Depuis 06 mois, ce sont eux qui constituent le bras opérationnel du régime qui les envoient sur les chaînes de télévision et de radio à l’effet d’embrouiller les cartes, semer la confusion dans l’esprit des populations, chaque fois qu’un dossier éclabousse le président de la République. L’objectif du régime est clair : utiliser ces acteurs de la société dite civile, qui n’ont plus de crédit, pour focaliser l’attention des uns et des autres sur des sujets saugrenus, afin qu’ils oublient l’essentiel, comment le pays est pillé au quotidien, avec à la clé, l’installation progressive de la dictature et de la terreur.

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